Shew In The Place To Be Around The World!

19 janvier 2011

The long awaited....ma visite chez IKEA

 

Je ne peux m’empêcher de me demander que serait le monde sans IKEA. Certainement un monde triste, sans le fun de la construction de meubles, vous pouvez imaginer ça vous ??? Moi pas… Oui je fais partie de ces gens qui vouent une dévotion sans limites à IKEA. Et surtout à la construction de meubles IKEA, ma grande passion et mon « back-up plan » si un jour je me plante dans mes études. Effectivement, si un jour je ne réussis pas mes études je deviendrais monteuse de meubles IKEA. Ou alors dresseuse d’orques. Mais ça c’est une autre histoire, revenons à New York.

Lundi il y a une semaine alors, je me dirige vers mon lieu de pèlerinage à Brooklyn. Un train, un bus, et me voilà devant la Mecque bleue et jaune. Comme on ne change pas les bonnes habitudes, je suis prête, j’ai ma petite liste des meubles que je dois acheter et je vais droit au but. Un petit tour par le showroom me permet d’économiser quelques 50$ sur un bureau et j’arrive à l’étage de tous les dangers : celui des accessoires ! Petites boites, bougies, bougeoirs, cintres, rangement à chaussures (très important), lampe de bureau et, la grande découverte de cette expédition, le must du must, le top du top : une balance qui fait aussi horloge. A moins que ce ne soit une horloge qui serve de balance. Je sais c’est tellement beau que ça semble difficile à croire et pourtant, la preuve en photo :

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En somme c’est le principe que la cuisiambre, mais en vachement mieux quand même. Grâce à ma balanrloge, Je reste ponctuelle tout en surveillant mon poids (pour ne pas donner raison aux mauvaises langues telles ma mère et ma sœur qui s’attende à ce qu’une fois de plus je rentre de l’étranger plus grosse… oui oui Ôdret et Kikie, c’est bien de vous que je parle !!!).

Après avoir acheté mes multiples paniers, boîtes et autres gadgets, il est temps de charger mes meubles sur mon pauvre chariot. N’ayant pas trouvé entre temps de beau prince charmant au carrosse rutilant et tellement dévoué envers ma personne qu’il aurait accepté de faire ce pèlerinage avec moi (oui je sais, c’est beaucoup demander, mais on a le droit de rêver, non ?), je me suis rabattue sur la livraison à domicile. Pas payable en nature celle-là par contre.

Puis, vint le moment ultime, le couronnement final de cet intense pèlerinage, l’étape la plus importante : le hot dog en plastique !!!! Et là…la surprise fut de taille au moment d’acheter mon hot dog plastique. Pour comprendre ce choc, une petite récapitulation est nécessaire. En Suisse, le hot dog coûte 1CHF. On peut y mettre dessus de la mayonnaise, du ketchup et de la moutarde. Le menu, soit un hot dog et une boisson est à 2CHF. En Allemagne (souvenez vous de Hambourg ou sinon cherchez dans les archives du blog), le hot dog est à 1€, soit techniquement plus cher, et ils rajoutent dessus des gurkeln et des oignons frits et il n’y a pas de mayo. Le menu est logiquement à 2€. Aux Etats-Unis d’Amérique (a.k.a. USA), tenez-vous bien…je ne sais pas si vous êtes prêts pour ce qui va suivre…le hot dog est à…0.50$. Oui vous avez bien lu. 50 centimes pour le hot dog. Avec au choix ketchup ou moutarde. Un demi dollar. MAIS CE N’EST PAS TOUT !!!! Et là, croyez-moi, ça me fait mal au cœur de vous faire mal au cœur. Le menu est à 2$ mais savez-vous ce que contient ce menu ??? Une boisson, un petit paquet de chips et non pas un mais DEUX hot dogs. Oui, je sais, c’est dur à entendre. J’ai failli pleurer en voyant cela. Et pour les sceptiques, la preuve en image :

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(Oui tout le monde m’a regardé un peu bizarrement alors que je prenais une photo du prix des hot dogs mais mon sens du devoir est plus important que tout…) Enfin, une dernière précision, la fontaine à boisson ne comprend que des sodas de marque et il y a même du Mountain Dew !!! Bref, ce fut une magnifique après-midi passée au temple IKEA de Brooklyn.

Le lendemain, je m’occupe tant bien que mal en attendant ma livraison. Je pars donc tester les délices de Amy Ruth’s, un restaurant de soul food qui a failli me faire comater après coup. Un cornbread à tomber par terre, de délicieuses ribs barbecue, des mac’n’cheese et une petite salade de chou cru (il faut quand même se donner bonne conscience…). Puis, c’est le moment d’extase, l’appel d’un ange, que dis-je d’un prophète : le livreur IKEA. Il me prévient de l’heure à laquelle il viendra me livrer. Quelques heures plus tard, je reçois ma livraison de la part du traineau du Père Noël…pardon, de la part du camion IKEA. Mes colocs ne sont pas là et je ne trouve pas la boîte à outils. Mais rien ne peut plus m’arrêter. J’ai devant moi des cartons entiers remplis de trésors. Pas de tournevis ? Mon couteau suisse fera l’affaire. Comment remplacer un marteau ? Mes Timberland ont un talon suffisamment dur et large pour donner des bons coups sur chaque clou qui tenterait de résister à ma force dévastatrice.

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Deux heures plus tard, ma chambre est complètement installée et il y a un cimetière à carton devant ma chambre :

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 C’est bon je suis chez moi. Depuis lors, j’ai même trouvé des rideaux rouges allant avec le reste de ma chambre et remplaçant les moches trucs violets qui pendaient aux fenêtres !

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Bon ben il me reste plus qu'à trouver des nouveaux draps de lits parce que ceux-ci font un peu...moche dans ma chambre!

 

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12 janvier 2011

Premières journées new-yorkaises

Bon, on est déjà mercredi, ça faite presque une semaine que je suis arrivée mais je suis encore avec le décalage horaire à lutter contre le sommeil le soir et à être réveillée très tôt le matin. Il est 6h30… Alors je me suis dit, je vais alimenter mon blog avec…mon arrivée à New York et le très attendu chapitre sur mon excursion à Ikea (Ôdret, c’est rien que pour toi !)

Jeudi passé donc, je suis partie. Je dois admettre que ce départ a été un peu le stress parce que j’avais encore un papier à rendre pour le vendredi (mais pas une folle envie de travailler), mes cartons à préparer, mes valises à faire et nettoyer mon appartement pour que ma sous-locataire le trouve en bon état. Mais tant bien que mal j’ai réussi à tout bien gérer avant le départ…sauf mon papier ! Et jeudi matin j’étais dans l’avion. Bien entendu comme je dois me racheter une batterie pour mon ordinateur je n’ai même pas pu réellement bosser dans l’avion. Au lieu de ça, j’ai joué à Tetris. Merci Swiss ! Je peux ainsi vous informer qu’il suffit d’un trajet Genève-New York pour transformer une débutante en quasi pro à Tetris ! Dans l’avion, j’ai aussi appris une nouvelle surprenante : les Américains craignent une attaque à la bombe au caca ! Du moins, c’est ce que j’en ai déduit quand le commandant de bord a pris la parole pour nous annoncer que l’immigration américaine demandait notre coopération et qu’il ne fallait pas se réunir en groupes dans l’avion…surtout aux alentours des toilettes. Paranoïa quand tu nous tiens…

Après un voyage sans embûches et sans turbulences, je suis arrivée à JFK. Et là, comme d’hab, l’interminable queue pour passer le contrôle de l’immigration. Quoique, quand j’y pense, en comparaison à la file d’attente dans laquelle j’étais en janvier 2009 à Madrid, c’était rien du tout ! Soit, 45 minutes plus tard, c’est enfin mon tour. J’ai eu toute la file d’attente pour me préparer psychologiquement aux 8'000 questions que l’on vous pose normalement : pourquoi New York ? pour combien de temps ? où logez-vous ? pourquoi là-bas ? connaissez-vous du monde ici ? pourquoi venez-vous souvent à New York ? êtes-vous pote avec Ossama ? quelle est la couleur du cheval blanc de Napoléon ? Et là, surprise. J’arrive au guichet, prête à dégainer mes empreintes digitales et l’agent me dit « désolé, mon service est terminé ». Je le regarde, l’air un peu désespéré, et lui demande si je dois donc aller à un autre guichet. J’ai dû lui faire pitié parce qu’il m’a dit, « bon c’est bon, juste encore vous ». Prise d’empreintes digitales, un tampon dans mon passeport, un sur ma feuille de douane et « enjoy your stay ». Pas de questions, pas de consultations de toutes les pages de mon passeport. Ma réaction : « vraiment ?? ». Et ben oui. Résultat, si vous voulez passer l’immigration sans encombre à New York, allez au guichet du mec qui est sur le point de terminer sa journée de travail.

Je vais comme une grande chercher un chariot pour mettre mes bagages (chariot qui est miraculeusement passé de 1$ il y a environ 5 ans, à 5$, on vous l’a dit, l’économie américaine va mal alors on entube les touristes à sec). Bien sûr, je mets mes 5$ dans la machine et mon chariot se débloque dans une autre file et le temps que j’ai vérifié toutes les files, le temps s’est écoulé et la machine ne m’a pas libéré mon chariot. J’adore. Après avoir demandé à je ne sais pas combien d’employés, je trouve le grand manitou des chariots qui a l’air préoccupé surtout par…en fait absolument rien et il en a rien faire ! Alors je prends mon courage à deux mains et bravement je transporte mes deux valises, mon sac de voyage et mon sac à main toute seule comme une grande. Autant vous dire que j’avais plus de bras. Je sors de l’aéroport et comme le plan et d’aller chercher downtown les clés de mon appartement auprès de ma colocataire et ensuite de partir à Harlem, je sais déjà qu’aucun taxi officiel ne va accepter. En effet, les chauffeurs de taxi new-yorkais sont tendanciellement des gros trouducs. Mais l’arrivée de JFK est pleine de chauffeurs de taxi inofficieux.  Et mon téléphone portable ne marche pas. Super ! S’approche alors de moi une version jeune d’Ousama et m’offre d’utiliser son téléphone pour appeler Mariko, ma coloc. Il m’offre aussi de m’amener jusqu’en ville, prendre les clés et monter jusqu’à Harlem. Je pars donc avec Ousama (qui ne s’appelle pas du tout Ousama, on est bien d’accord).

Je dois avouer que des conduites pitoyables, j’en ai vu des tonnes au fil des ans et des pays. Mais alors lui, je crois qu’il remporte la palme. Il se déporte à gauche ou à droite sans regarder et à au moins quatre reprises, si ce n’était pour le klaxon sonore des autres voitures, on les aurait embouties ! Les bandes d’arrêts d’urgence et les sorties d’autoroute servent de voie de dépassement. Il m’explique qu’il vient des West Indies (Caraïbes) mais qu’il est converti à l’Islam et qu’il est en train de faire un master en loi islamique à l’université Al Azhar au Caire. Il rentre ce matin même du Caire d’ailleurs. Et il m’explique avec un grand sourire qu’aujourd’hui je peux assister au top de sa conduite. Ah d’accord ! Très bavard mon pote à la barbe touffue aime apparemment pas le silence alors il me raconte plein de trucs, comme par exemple quand il me raconte successivement que sa famille le gronde pour être un coureur de jupon et qu’il veut devenir imam. Entre temps, j’arrive enfin à entrer en contact avec Mariko et malheureusement, elle a dû s’absenter du travail, donc mon plan génial de ne pas sortir du taxi (et donc de ne pas sortir mes valises) pour directement continuer à Harlem ne marche pas. J’arrive à destination et j’attends ma coloc dans un bar. Elle arrive, très sympathique, me donne les clés et les explications sur comment arriver à l’appartement etc. C’est là que, ô joie, j’apprends que l’appartement est au troisième étage. Sans ascenseur. Ma coloc part à ses cours du soir, je pars dans l’espoir de trouver un taxi. Autant vous dire que peu de chauffeurs veulent aller à Harlem. Pas parce que c’est dangereux ou quoi que ce soit. C’est juste qu’ils savent qu’ils vont très certainement devoir rentrer à vide, ce qui fait ch*** ces divas. Finalement un taxi accepte de m’amener. C’est Marc le Pakistanais qui m’explique que normalement il ne va jamais à Harlem mais comme je suis jolie, il ne pouvait pas me dire non… Vive ma blondeur ! Haha… Je me débrouille tant bien que mal pour éviter son invitation de m’emmener manger pakistanais (pas que j’aie quelque chose contre la nourriture pakistanaise mais plutôt parce que je ne me vois pas passer une soirée entière en tête à tête avec un chauffeur de taxi chauve dans sa cinquantième année.

Puis arrive Lennox. Et la 121ème rue. Et ma maison ! C’est là que je commence à galérer avec mon trousseau de clés (5 clés quand même) pour rentrer dans l’immeuble avec tout mon fatras. 1ère porte d’entrée. 2ème porte d’entrée. 3 étages (en fait c’est surtout 2 vu qu’ici le premier étage c’est le rez-de-chaussée). Et j’arrive en nage dans mon joli appartement ! Ma chambre est la plus grande, très calme, avec du vieux parquet. J’aime beaucoup. Par contre c’est le typique vieil appartement où on entend les voisins éternuer et passer dans les couloirs mais bon, on s’y fait ! Je m’installe, fais le tour du proprio. L’appart n’est pas sale (quelle émotion…) même s’il pourrait être un peu plus propre quand même. Puis je me mets au travail (pour mon papier ! Et oui, vous l’aviez oublié celui-ci, moi aussi !). Mais rapidement je m’endors sur mon ordinateur…je sais oui pitoyable. Quand j’émerge mes deux colocs sont là, Suhail début de trentaine, Indien, marié, rejoindra sa femme en Floride au mois de mars (j’aurai donc un nouveau coloc) et Mariko, 35 ans, Japonaise, célibataire. Les deux sont très sympas. Je ne veux pas me réjouir trop vite, mais je pense que ça va être une colocation satisfaisante selon mes critères. L’appart est suffisamment grand donc on se marche pas dessus, ils sont au travail la plupart du temps donc en somme je ne les vois que le soir, on discute mais il y a pas non plus le besoin de tout partager (ça fait cinq ans que je vis seule, je suis un peu devenu un ours asociale) et les deux adorent manger (ouééééééééééééééééé !!!).

Vendredi matin, je me réveille et…il neige ! Mais bien sûr, ça change pas grand-chose vu que je suis coincée à la maison à bosser mon fichu papier. J’obtiens du prof un délai de 24 heures. Je passe aussi mon vendredi soir et le plus clair de mon samedi enfermée chez moi. Super week-end, non ? Samedi soir je suis tellement claquée à force de me coucher tard et de me lever qu’à 22h je comate. Mis à part une petite ballade dans mon quartier le vendredi histoire de me chercher une ligne de téléphone américaine, poster mon abonnement général de train (que j’ai si intelligemment oublié de renvoyer avant de partir), et manger un subway, mon premier week-end aura été l’antithèse du prototype du week-end à New York.

Le dimanche, pour reprendre des forces, un peu de shopping s’impose. Puis départ pour Newark pour aller chercher deux sacs remplis de chaussures, de livres et d’habits d’été que des amis de mon beau-père et ma mère qui habitent à Princeton ont eu la gentillesse de m’amener. Au passage, si un jour on vous offre un poste à Jersey City ou Newark, refusez, je crois que j’ai jamais vu des villes aussi moches que celles-ci ! Retour à Harlem en van collectif qui me pose juste devant chez moi et je déballe et finis de m’installer. Lundi matin, un petit peu de shopping et l’après-midi…tadatadatadatadatada (roulement de tambour) DÉPART POUR IKEA !!! Mais ça, ça mérite un poste rien que pour ça… Suite au prochain épisode !

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09 janvier 2011

ZE BLOG IS BACK!

5…4…3…2…1…0…LE SHEW BLOG EST OFFICIELLEMENT RÉACTIVÉ !

Il s’en est passé des choses depuis la dernière fois où j’ai écrit. En fait surtout une, mon master en études du développement à l’IHEID qui m’a volé le reste de ma vie ! Une grosse claque pour moi, j’ai pas pu refaire ce que j’avais fait lors du bachelor, soit rien glander tout le semestre et se mettre à bosser comme un animal deux-trois semaines avant les exas. Bon il s’est passé quand même quelques choses, un mois à Cuba en janvier 2010 (pour la 8ème fois quand même…), mon premier salon de l’auto (éreintant), un stage à la mission permanente du Costa Rica devant l’ONU à la section des droits humains (waouh !), mon retour à bosser au Loft (pas waouh...) et un petit voyage New York (où j’ai eu le bonheur de découvrir que 11 heures d’hospitalisation coûtaient 12’000$...merci Medicaid !), République Dominicaine et Puerto Rico (mon nouvel amour). Et puis quand même, la grande surprise de ma vie, à l’IHEID je me suis fait plein d’amis (pas comme à l’Unil), des gens mortels.

Mais maintenant mon troisième semestre de master est terminé, j’ai rendu mon dernier papier hier, eu mon dernier examen le 21 décembre et mon dernier cours le 23 décembre. Et maintenant, je suis à New York.

En effet, à l’IHEID, le quatrième semestre ne comprend théoriquement pas de cours (à moins que je me sois plantée dans une de mes branches ce semestre, ce qui serait vraiment très…comment dire…ce serait la merde !). Alors la question est : qu’est-ce que je fais à New York ? La réponse : je conduis un travail de terrain pour mon mémoire de master. Autre question : sur quoi est-ce que tu travailles ? Réponse : pfff…c’est compliqué, avez-vous déjà entendu parler de la gentrification ? Non ? Bon c’est parti…

Gentrification : terme anglais, couramment traduit en français par « embourgeoisement », bien que la francisation du terme soit de plus en plus acceptée. Je vois que je l’avais expliqué dans mon dernier post mais bon, pour le fainéant, je ré-explique. La gentrification c’est en somme quand des investisseurs commencent à…investir dans des quartiers à bas revenu. Les logements sociaux sont peu à peu transformés en joli (et chers) condominium pour une classe plus aisée qui vient peu à peu s’installer dans ces quartiers. Les commerces plus onéreux viennent eux aussi s’installer dans le quartier, puis les prix à la consommation flambent et les personnes qui résidaient dans ces quartiers depuis des générations se voient contraints de partir car ils n’ont plus les moyens d’y vivre. Tout un tas de sympathiques pratiques accompagnent ce processus. Par exemple, aux Etats-Unis, les propriétaires n’ont pas le droit de mettre à la porte les locataires. Mais bien sûr, les propriétaires se rendent compte que cet appartement qu’ils louent 500$, ils pourraient dorénavant le louer 2000$. Alors ils laissent tomber l’immeuble en ruine en espérant que les locataires s’en iront. Souvent ça marche. Des fois, comme dans l’histoire que je vous avais relaté sur ce blog il y a un an, la communauté se mobilise et parvient à freiner ce processus.

Depuis que j’étais allée à ce concert au Bronx (voir le poste du 13 août 2009), j’avais eu envie de travailler sur ce sujet parce que ce j’avais vu m’avait profondément choquée. De même le harcèlement du NYPD quand je partais de ce concert est assez typique d’une zone gentrifiée. En effet, pour « protéger » les nouveaux arrivés contre les « méchants-sauvages-et-surtout-pauvres-et-sûrement-noirs-ou-latinos », ces quartiers voient l’arrivée massive de la police qui distingue bien ceux qu’elles protègent des autres et automatiquement, la brutalité et le harcèlement policiers augmente. Trois semestres ont passé depuis. Et quand il a fallu choisir mon sujet de mémoire, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai donc décidé de travailler sur la gentrification et la résistance communautaire. Et comme je ne rate jamais une occasion de partir de Suisse, j’ai décidé de venir faire un travail de terrain à New York. Pourquoi New York ? Parce que j’adore cette ville et aussi parce que c’est une ville où il y a pas mal d’activisme contre la gentrification. D’ailleurs la gentrification s’observe très facilement aux Etats-Unis parce que, contrairement à l’Europe où les ghettos furent construits en dehors de la ville, aux Etats-Unis, ils apparurent dans le centre même des villes, car c’est là que se trouvaient les usines où travaillaient les habitants des ghettos.

Cet été je suis donc allée à New York pour prendre contact avec des organisations communautaires qui se mobilisent contre la gentrification. Et maintenant, il ne me reste « plus qu’à » collaborer avec elles et écrire mon mémoire.

Bon j’ai décidé de ne pas écrire des articles trop longs cette fois, alors je continuerai au prochain épisode et en attendant, je vais aller dévorer un bol de Capt’n Crunch ! YUMMMMMY !!!!!

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13 août 2009

Escapade à New York et Washington DC

En juillet, je me suis offert une petite escapade à New York et à Washington. En effet, quand on voit qu’il y a des offres de billets d’avion pour 380$, comment résister ? J’ai donc quitté Bogotá le jeudi matin à l’aube en direction de New York City. Mon ex-boss en Suisse me prêtait son appartement à New York, ce qui fait que je n’ai même pas eu besoin de payer un hôtel ! Le mieux dans tout ça et que l’appartement de mon boss se situe…dans la Plaza Hotel ! En effet, il y a la partie hôtel et la partie résidence privée. L’appart n’est pas meublé parce que mon chef envisage de louer l’appart mais qui se plaint de dormir sur un matelas gonflable quand tu te situes à l’angle de la 5th Avenue et de South Central Park, au cœur de Manhattan ?!?! En arrivant, tard, je me suis baladée dans les alentours, histoire de manger quelque chose, et New York de nuit, en plein été...il fait un climat délicieux !

Le lendemain je suis partie directement direction Macy’s, je suis vite allée faire ma carte de réduction de 10% (vive le Duty Free Shopping !) et je me suis mise à shopper ! Puis en début d’après-midi j’ai retrouvé…OLGA !! Et oui, la même Olga qui m’avait rendu visite à Hambourg, on s’est retrouvée à New York. En effet, tous les étés elle va pour environ un mois comme fille au pair dans une famille du New Jersey. L’occasion était trop belle, on s’est donc retrouvée. Sa sœur et une amie de sa sœur étaient aussi avec elle. Elles ont toutes halluciné quand elles ont vu où elles allaient passer la nuit ! On a posé les affaires à l’appartement, puis on s’est promené sur la 5th Avenue. Nous sommes montées tout en haut du Rockfeller Center où ils ont installé des terrasses panoramiques avec une vue à couper le souffle sur tout Manhattan. Après quoi nous avons passé à Times Square avant d’aller souper à Little Italy. Nous sommes passées à l’hôtel après quoi Olga et moi sommes sorties dans une boîte super sympa près du Plaza. Après un Cosmo (NYC oblige), nous avons découvert l’hospitalité new-yorkaise, soit tout le monde t’invite à se joindre à leur table et à boire des verres avec eux, bref, pas à se plaindre !!

Le lendemain, après peu d’heures de sommeil, nous avons fait halte dans une épicerie pour acheter de quoi bruncher à Central Park ! Je dois admettre qu’il y a peu de choses aussi agréable en un samedi ensoleillé que de bruncher à Central Park ! Puis, Olga, sa sœur et l’amie de sa sœur sont parties faire un peu de tourisme dans Manhattan avant de repartir en direction de New Jersey. Quant à moi, je suis partie en direction du Bronx où, grâce à Facebook, j’avais appris que l’un de mes groupes préférés, Rebel Diaz, allait se produire dans une sorte de festival-barbecue. Je dois avouer que cet après-midi dans le Bronx a été l’un de mes moments préférés de ce voyage. Pour cela, il me faut un peu situer les circonstances.

Aux Etats-Unis, un phénomène important est en marche. Je ne sais pas s’il existe un équivalent en français, en anglais, il s’agit de « gentrification ». Qu’est-ce que cela signifie ? Gentrification c’est, en gros, quand de plus en plus de personnes avec un revenu moyen à élevé viennent s’installer dans des zones traditionnellement à bas revenu. C’est arrivé à Harlem, c’est en train de se passer dans le Bronx et à Brooklyn aussi. Quelles sont les conséquences ? Les entrepreneurs commencent à voir un potentiel économique dans ces quartiers. Ils viennent acheter des terrains et construire des habitations d’un niveau supérieur. Cela fait automatiquement augmenté le prix de la vie dans le quartier, forçant les habitants « originels » à quitter les alentours et chercher un autre endroit où vivre, avec des prix en relation avec leur niveau de revenu. Cela a eu des conséquences dramatiques pour un grand nombre de familles. Et ce processus est en cours partout aux Etats-Unis et cela s’observe ailleurs, comme par exemple ici en Colombie ou encore un peu partout en Amérique Latine.

Dans ce quartier du Bronx où je suis allée, la gentrification est une réalité flagrante. On peut voir côte à côte des grands bâtiments en brique rouge à moitié délabré à côté de jolies petites maisons-cottages avec petit jardinet et gardes de sécurités devant. Or il se trouve qu’à l’angle de l’une de ces rues, se trouvait une sorte de parc sauvage avec un gros caillou/rocher. Cet endroit était une place de jeu improvisée pour les enfants et une sorte de lieu de réunion pour les habitants du quartier. Des entrepreneurs locaux s’étaient mis en tête d’acheter ce terrain pour y construire des jolies habitations. La population locale s’est alors mobilisée. L’affaire est allée devant les tribunaux et la population a obtenu gain de cause. Les entrepreneurs n’ont pu acheter le terrain et les habitants ont transformé ce parc sauvage en un véritable jardin public. Le grand rocher est toujours là, le parc est entouré d’une barrière qui le délimite clairement. Dans cette zone à grande majorité latino, les mères et grand-mères ont fait planter différentes sortes de plantes aromatiques des quatre coins de l’Amérique Latine. Ils ont installé une petite serre, il y a quelques tables et des bancs ainsi qu’une petite bâtisse qui sert à entreposer du matériel. Sur le rocher a été installée une petite scène. Ce jour-là, c’était concerts et barbecue gratuit, avec donation volontaire pour aider à construire de vraies toilettes. C’était en commémoration du premier anniversaire de la victoire du peuple sur les entrepreneurs !

Ce qui m’a beaucoup touché c’est l’harmonie et la bonne ambiance qui régnait dans ce jardin cet après-midi. Littéralement il y avait des familles entières, j’aimerais dire de 7 à 77 ans mais la vérité est qu’il y avait même des beaucoup plus jeunes et peut-être même des plus âgés. Les bébés, les enfants, les jeunes, les parents, les grands-parents, tout le monde était réuni. Plusieurs artistes locaux de hip hop et de soul se sont présentés. Contrairement aux idées reçues, même les grands-mères dansaient au son du hip hop. Bien que je sois arrivée seule, j’ai vite fait la connaissance de plusieurs personnes qui m’ont vite fait sentir comme si j’étais chez moi. Il y avait aussi des représentants des Black Panthers et l’un des membres originaux du RockSteady Crew, j’ai nommé Popmaster Fabel ! C’était vraiment un super après-midi. Entre les différents groupes des gamins prenaient le micro pour pousser la chanson, que ce soit Daddy Yankee ou le générique de Bob l’Eponge ! Je pense que c’était aussi un bel exemple de comment les communautés, en s’unissant et en se mobilisant, peuvent donner l’impulsion pour de bons projets. Et de voir toutes ces personnes, d’origine et d’âges variés, passer tous un bon moment ensemble, ça m’a réellement touché. De voir aussi que dans certains endroits, des personnes ont dépassé les préjugés négatifs liés au Hip Hop m’a rendu fière de faire partie, d’une manière ou d’une autre à cette culture, à ce mouvement qu’est le Hip Hop. Ce qui est intéressant aussi, c’est que ce sont des groupes de rappers qui avaient pris la tête du mouvement pour défendre ce rocher et ce parc sauvage. Et aujourd’hui, des groupes comme Rebel Diaz continuent de faire un travail remarquable pour les communautés défavorisées à travers les Etats-Unis. Je pense que c’est vraiment génial de voir comment malgré la dégradation d’un certain genre de rap de par son hyper-commercialisation, certains restent fidèles à son but originel qui est celui de la dénonciation et assument leur rôle d’être la voix des sans-voix, les porte-paroles des exclus et des oubliés. Enfin, je m’emballe un peu, mais je ne peux pas parler de quelque chose qui me passionne autant sans m’emballer !

Quand je suis partie du jardin communautaire à la fin de l’après-midi, j’avais environ 8 blocs à marcher jusqu’à la station de métro. Je commençais vraiment à avoir la tête dans le cul, n’ayant quasiment pas dormi la nuit précédente. Je me mets donc en marche, sur un axe principal, avec plein de monde et vraiment en rien menaçant. Je vois une camionnette du NYPD parquée sur le bas côté. Quand je passe à leur hauteur les flics m’interpellent. Ils me demandent si tout va bien parce que apparemment, selon eux, je tirais un peu une drôle de tête. Je leur réponds que oui, et je m’apprête à partir. C’est là que commence alors l’interrogatoire. Où vous étiez ? Pourquoi ? Vous êtes pas d’ici ? Comment alors si vous n’êtes pas d’ici vous avez su qu’il y avait un concert dans le Bronx ? Vous êtes sûre que vous étiez à un concert ? Nous n’avons pas entendu parler d’un concert dans les environs… Etant donné que Rebel Diaz vient de gagner son procès contre le NYPD et les brutalités policières, je me suis dit que c’était pas la meilleure des idées de leur donner trop de détails. Je leur ai donc donné une autre adresse et suis restée plutôt évasive. Puis, commence un deuxième genre d’interrogatoire. Vous venez d’où ? Vous parlez le Suisse ? Comment, les Suisses ont pas leur propre langue (pourquoi abruti, les américains ont leur propre langue par hasard ?!?!?!?!?!?) ? Qu’est-ce que vous parlez alors comme langue ? Comment est le climat en Suisse ? Tout ce que j’avais envie de leur dire c’était qu’ils aillent voir ailleurs si j’y étais et de me tirer, mais la réputation du NYPD étant ce qu’elle est, j’ai dû ronger mon frein et rester polie. En plus, dans un quartier comme le Bronx où les populations sont trop souvent victimes de brutalités policières, on ne peut pas dire que j’appréciais d’être vue en train de discuter aussi longtemps avec ces fichus poulets. Mais ce n’est pas fini. Ces gros c**s commencent à me demander si j’ai un copain, jusqu’à quand je suis à New York quand enfin le plus vieux me demande si je ne voudrais pas sortir avec son jeune collègue !!! J’ai cru que j’allais leur balancer 3 claques chacun. J’ai vraiment ressenti, ici à travers d’un exemple, entre guillemets pas grave, comment ces abrutis abusent de leur pouvoir. Enfin, je leur ai dit que j’étais fatiguée et que j’aimerais bien pouvoir rentrer, s’ils avaient bien l’amabilité de ENFIN me laisser partir – après près de 10 minutes d’interrogatoire. Ils m’ont dit que je pouvais partir mais ils se sont quand même senti obligés avant ça de me dire : dépêchez-vous, une jeune étrangère ne devrait pas être dans ce quartier, vous savez pas que c’est dangereux le Bronx ? Cela m’a tellement énervé, surtout après le super après-midi que j’avais passé dans une ambiance géniale, pacifique et conviviale… Je suis donc enfin partie, non sans leur avoir dit avant cela : vous savez, je vis en Colombie et avant ça je vivais au Guatemala, alors croyez-moi, je n’ai aucune raison d’avoir peur du Bronx. Ces deux couillons m’ont vraiment foutu la rage. La première question, je veux bien, ils faisaient leur travail. Mais une fois que je leur ai dit que tout allait bien, que j’étais allée voir des concerts etc., tout cet interrogatoire qui a suivi était purement inutile. En plus, user de leur pouvoir pour finalement m’inviter à sortir…sérieusement ?!?!?!?! J’ai vraiment dû ronger mon frein pour pas les insulter à ce moment-là. Donne un flingue et de l’autorité à une bande d’abrutis et voilà ce qu’on obtient au final : de l’abus de pouvoir.

Bref, je suis rentrée à l’appartement, et j’ai fait une sieste, à 3 heures du matin, je suis partie à la station de bus, vers 4 heures j’avais mon bus en direction de Washington qui partait. En arrivant à Washington, j’ai loué une voiture et suis partie en direction de la Guest House de mon chef, dans les alentours de Washington. Son assistante sur place m’a accueillie et servi un bon p’tit-déjeuner. Puis je suis partie rendre visite rapidement à un ami avant de filer à Columbia, MD, pour assister au Rock The Bells Festival. C’est un super festival de Hip Hop, j’ai vu en concert Buckshot, Slum Village, Slaughterhouse, MOP, Psycho Realm, Common, Talib Kweli et Hi-Tek, The Roots, Techn9ne, Nas, Pharaohe Monch, KRS-1, Pete Rock, Supernatural, Murs, Raekwon…et je sais que j’en oublie ! Mon accès VIP m’a même permis de rencontrer the one and only : KRS-1 !

Après des heures de concert (de 14h à 23h…), je suis rentrée à la maison d’invités de mon chef. Le lendemain matin, diane debout pour rendre la voiture à temps. Puis je suis passée chez Leila pour laisser mes affaires. Leila est une copine que j’ai connue lors de la mission d’observateurs internationaux des élections présidentielles au Salvador. Comme elle était au travail, je suis ensuite partie pour voir les monuments de Washington. J’ai vu la Maison-Blanche (mais de loin parce qu’il faisait tellement chaud et j’étais tellement raide, j’ai eu la flemme), l’Obélisque, un grand nombre de mémorial et j’ai fait une bonne sieste à l’ombre près d’un grand étang. Puis en fin d’après-midi, j’ai retrouvé Leila, on est allées se manger des pizzas divinement bonnes autour desquelles on a refait le monde. Puis on est allée se boire une petite bière avant de rentrer à la maison où on a papoté encore pendant des heures !

Le lendemain matin, Leila est parti au travail, j’ai fait la flemme au lit, et vers midi j’ai pris le bus pour retourner à « la maison » à New York. J’ai laissé mes affaires à l’appart et suis allée faire une dernière ballade et quelques achats de dernière minute. Puis, nostalgiquement, je suis rentrée dormir quelques heures avant de me lever tôt pour reprendre l’avion en direction de Bogotá. J’ai eu la surprise de ma vie : à JFK, au contrôle sécurité, ils n’ont pas vu que j’avais mon couteau suisse sur moi, que j’avais oublié de mettre dans mon bagage en soute ! Et oui, à NY, aux USA où ils sont obsédés par la sécurité dans les aéroports, ils ne m’ont pas laissé passer une bouteille d’eau mais m’ont laissé passer avec mon couteau suisse ! Je transitais par San Salvador où, pareil ils ont rien vu. Malheureusement, lors de mon dernier transit, à Lima, le mec a immédiatement remarqué mon canif et il me l’a confisqué et jeté dans une grand boîte transparente…snif snif…depuis je suis perdue sans mon couteau suisse qui m’a accompagné – et m’a été très utile – au cours des 7 derniers mois…

Mais bon, voilà pour mon escapade américaine qui a été, à mon goût, trop courte ! En plus j’ai moyennement apprécié le choc thermique à mon arrivée à Bogotá. Il fait super froid ici alors que j’ai eu prie chaud à NY et DC. Enfin, c’est la vie ! Et de retour au boulot !

Posté par shew fleur à 09:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]